INFO DU LUNDI n°5 – Contre les ravageurs, on se fait une toile ?
CONTRE LES RAVAGEURS, ON SE FAIT UNE TOILE ?
Si les araignées apparaissent comme des auxiliaires de culture importants, elles sont inégalement réparties selon les systèmes agricoles et les régions. L’étude de ce matin montre que les toiles ne sont pas là où on le pensait et que les blockbusters ne sont pas forcément aux Etats-Unis.
Impact factor* 6.4
Calendrier révolutionnaire
13 prairial
Jour du pois
Le dicton du jour
Soleil de Saint Justin, augure bel épi et bon pain
Journée internationale
des parents
*Impact factor : fréquence à laquelle les articles d’une revue sont cités dans d’autres recherches
Les auteurs de cette étude, l’un suisse et l’autre britannique, ont décidé de comparer la littérature européenne et américaine sur les araignées des agroécosystèmes. Ils en ont conclu qu’en Europe, les champs sont souvent dominés par de petites araignées tisseuses de la famille des Linyphiidae, très abondantes et friandes de pucerons, tandis qu’aux États-Unis les communautés sont plus diversifiées, avec davantage de chasseuses actives.
En Europe du Nord tempéré, les Linyphiidae écrasent largement la communauté, au point de représenter souvent plus de 90% des individus dans plusieurs cultures. Elles vivent surtout près du sol et capturent de petites proies dans des toiles en nappe, notamment beaucoup de pucerons. Les densités y sont très élevées dans les champs, de 2 à 600 individus par mètre carré.
Aux États-Unis, la structure est plus variée : les chasseuses représentent souvent plus de la moitié des individus, et les linyphiides sont généralement moins fréquentes. Les densités moyennes en grandes cultures annuelles sont bien plus faibles qu’en Europe, autour de 2 individus par mètre carré.
L’étude évoque la structure des cultures, les pratiques agricoles, la diversification des habitats et la taille moyenne des exploitations, plus faible en Europe, comme facteurs susceptibles d’expliquer l’abondance plus forte des araignées.
Malgré ces différences, l’idée centrale est la même des deux côtés de l’Atlantique : les araignées ne suffisent pas, à elles seules, à empêcher les dégâts des ravageurs, mais elles participent à un ensemble de prédateurs naturels qui contribue à faire baisser les populations d’insectes. Leur efficacité est particulièrement nette contre les pucerons des céréales, grâce notamment aux petites araignées de surface qui capturent des proies tombées au sol ou interceptées dans leurs toiles.
Enfin, les auteurs soulignent que les araignées ne mangent pas toujours prioritairement les ravageurs : elles consomment souvent des proies alternatives, comme des collemboles, ce qui peut parfois réduire leur impact direct sur certains insectes nuisibles. Mais cette plasticité alimentaire peut aussi favoriser leur installation précoce dans les parcelles, ce qui renforce leur présence globale dans le système.
Alors, autant miser sur la diversité paysagère et les couverts végétaux peut augmenter l’abondance des araignées et donc leur contribution à la lutte biologique plutôt que sur la seule chimie.



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