INFO DU LUNDI n°15 – Qui abhorre le Bore quand le Bore se barre ?

LE BORE ELEMENT VITAL MAIS AVEC UNE MARGE DE MANOEUVRE TRES ETROITE

Le bore est l’un des micronutriments les plus critiques pour les cultures : essentiel à la croissance et à la reproduction des plantes, il devient rapidement toxique dès que sa concentration dans le sol dépasse de peu les besoins. Une étude internationale publiée en 2020 fait le point sur les risques de carence et de toxicité, et sur leurs conséquences concrètes au champ.

 

 

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Le bore (B) est un micronutriment essentiel à la croissance et au développement des plantes. Il intervient notamment dans la formation et la stabilité des parois cellulaires, la croissance des méristèmes, la reproduction et le développement des graines et des fruits.

Cependant, sa plage entre carence et toxicité est très étroite, ce qui rend sa gestion particulièrement importante en agriculture. La fenêtre entre « pas assez » et « trop » est parmi les plus étroites de tous les éléments nutritifs :

  • < 0,5 ppm de bore extractible (eau chaude) dans le sol : risque élevé de carence.

  • 0,5–2,0 ppm : plage généralement optimale, selon les espèces et les sols.

  • > 1,5–2 ppm : risque de toxicité pour les cultures sensibles ; quelques ppm suffisent à poser problème dans certains contextes.

La carence en bore apparaît surtout dans les sols sableux ou soumis à de fortes pluies, qui favorisent son lessivage. Les symptômes apparaissent d’abord sur les jeunes tissus et les organes en croissance : ralentissement du développement des jeunes pousses et des racines, déformations des feuilles, troubles de la floraison (avortements floraux, mauvaise fécondation, nouaison irrégulière).

En grandes cultures, en maraîchage ou en vigne, ces symptômes se traduisent souvent par une hétérogénéité forte des peuplements, une mauvaise régularité de maturité et une qualité dégradée des récoltes. La baisse des rendements peut aller de 6% à plus de 90% selon les espèces et la sévérité du stress.

À l’inverse, une toxicité au bore peut résulter d’une concentration excessive de bore dans le sol ou dans l’eau d’irrigation, notamment dans les régions arides et semi-arides. Elle se manifeste fréquemment par une chlorose puis une nécrose des extrémités et des marges des feuilles, pouvant entraîner une diminution importante de la croissance et du rendement de 4% à plus de 50% dans les cas sévères.

L’étude insiste sur la disponibilité du bore fortement dépendante des propriétés du sol, notamment de son pH, de sa texture, de sa matière organique et de son humidité. En sols alcalins, le bore est souvent moins disponible ; en sols acides, il peut être plus mobile et plus facilement lessivé ou, à l’inverse, s’accumuler localement. Les sols sableux et pauvres en matière organique sont plus sujets à la carence ; les sols argileux ou riches en MO retiennent davantage le bore, mais peuvent aussi accumuler des doses toxiques sur le long terme.

Enfin, l’étude souligne que le stress borique interagit fortement avec d’autres stress abiotiques (sécheresse, salinité), ce qui peut aggraver les impacts sur la croissance et les rendements.

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