INFO DU LUNDI n°19 – GAZ, N2O ET AGROECO2LOGIE
N2O : GAZ HILARANT OU OXYDE NITREUX
Le protoxyde d’azote (N20) est un gaz incolore possédant une légère odeur sucrée. Son effet euphorisant est fait une puissante drogue addictive et surtout dangereuse. C’est aussi un puissant gaz à effet de serre (250 à 300 fois plus que le CO2). Il est aussi émis naturellement par les sols et l’agriculture de conservation a été longtemps mise en cause. On fait le point.
Impact factor* 7,7
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À la Saint-Crépin, les mouches voient leur fin
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contre l’amylose
*Impact factor : fréquence à laquelle les articles d’une revue sont cités dans d’autres recherches
En compilant les résultats de 170 études menées dans 21 pays, des chercheurs d’Agroscope (Suisse), de l’INRAE, de VetAgro Sup et de Wageningen University (Pays-Bas) ont conclu que les pratiques agroécologiques augmentent la biodiversité, renforcent le stockage de carbone dans les sols et réduisent les émissions de protoxyde d’azote. Mais le plus intéressant réside dans la méthode utilisée, pas uniquement en analysant une pratique isolée mais aussi en explorant la reconception complète d’un système.
Premier enseignement, les interventions agroécologiques favorisent toutes les diversités : plantes, pollinisateurs, arthropodes prédateurs, vers de terre ou microorganismes décomposeurs du sol. Cette biodiversité alimente des services essentiels à l’agriculture : pollinisation, régulation biologique, fertilité des sols et décomposition de la matière organique.
Sur le plan climatique, l’agroécologie améliore significativement deux indicateurs : le stock de carbone organique du sol et la réduction des émissions de N2O. La diminution de cette dernière molécule constitue un levier important d’atténuation du réchauffement climatique. En revanche, les effets sur le dioxyde de carbone et le méthane restent limités ou incertains, un sol plus vivant pouvant notamment respirer davantage et relâcher plus de CO2, sans que cela ne traduise nécessairement une dégradation.
Ces résultats positifs concernent les grandes cultures, les prairies et les systèmes pérennes. Et, fait notable, les bénéfices apparaissent aussi bien lors d’une transition modérée, fondée sur la substitution d’intrants, que lors d’une refonte plus profonde du système agricole.
Pour les auteurs, ces résultats confortent le rôle de l’agroécologie dans les objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de restauration de la biodiversité. Ils appellent toutefois à poursuivre les bilans complets à l’échelle des fermes, ainsi que sur la productivité et la rentabilité des systèmes reconçus.




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